Stockage, prétraitement et valorisation

Les limites de l’épandage des sargasses

Aujourd’hui, près de 99 % des sargasses collectées sont épandues sans valorisation sur des sites en arrière-plage. Les sites d’épandage ont été sélectionnés, en privilégiant l’impact environnemental moindre (éloignement des cours d’eau et des zones d’habitation). Ces sites sont aujourd’hui proches de la saturation démontrant ainsi l’urgence à trouver des voies de prétraitement et valorisation fiables et viables.

Au vu des caractéristiques intrinsèques des sargasses (concentrations en arsenic non négligeables), l’ADEME a soutenu l’étude visant à évaluer l’impact environnemental de l’épandage en Guadeloupe réalisée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

L’intérêt d’un prétraitement

Certaines voies de valorisation nécessitent une ressource « propre ». Or, avec plus de 95 % de la collecte effectuée à terre aujourd’hui, on se retrouve avec une ressource contenant des quantités non négligeables de sable et ponctuellement d’autres encombrants (déchets plastiques, etc.). Par conséquent, la collecte est encore perfectible afin d’éviter un prétraitement avant valorisation.

L’idée d’un prétraitement renvoie également à la stabilisation de la ressource. Rendre l’algue inerte (par séchage, déshydratation, compactage, etc.) permettrait de la conserver en stoppant la production de H2S et de lisser sa valorisation dans le temps tout en réduisant le volume d’algues à transporter et stocker.

Plusieurs voies de prétraitement ont été identifiées aujourd’hui sans pour autant être testées dans le contexte sargasses. Elles reposent majoritairement sur des techniques appuyés dans d’autres secteurs d’activités.

La valorisation des algues

Dans une perspective d’économie circulaire, les moyens de valorisation des sargasses sont à identifier selon les axes suivants :

  • assurer des exutoires immédiats aux normes pour les sargasses collectées ;
  • développer des processus de valorisation tenant compte du caractère aléatoire de la ressource ;
  • identifier les potentiels de valorisation sur le long terme, permettant de dégager une économie de la sargasse.

Un modèle économique basé uniquement sur cette algue s’avère difficilement viable. La sargasse doit donc intégrer une filière basée sur des apports plus variés de ressources.

En 2015, l’ADEME finance un Appel à projets (AAP) « Algues sargasses : collecte innovante et valorisation » visant en partie à identifier des voies de valorisation et développer des filières locales. Pour plus d’informations, vous pouvez consultez le site de l’ADEME Guadeloupe.

Plus récemment, un AAP conjoint « Recherche, développement et innovation - Sargassum » sur les sargasses a été lancé en 2019 à la suite du Sarg’Expo et de la Conférence internationale sur les sargasses en Guadeloupe. Piloté par la Région Guadeloupe avec l’aide de l’Agence nationale de la recherche (ANR), il associe l’ADEME, les collectivités territoriales concernées et d’autres financeurs étrangers. Ces projets de RDI s’étalent sur plusieurs années de recherche (fin prévue en 2023). Dans cet AAP, l’ADEME soutient 5 projets en lien avec la valorisation (méthanisation, pyrogazéification, biostimulants, biomatériaux, etc.).

En dehors des AAP, l’ADEME Martinique apporte un soutien technique et financier à des projets de valorisation locaux tels que Terre d’Algues pour la production d’écomatériaux du BTP.

Le récapitulatif des principales voies de valorisation recherchées :

Récapitulatif des principales voies de valorisation recherchées. Voir descriptif du tableau ci-après

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Il est à noter que d’autres voies de valorisation sont également recherchées ou déjà mises en application dans la Caraïbe, hors Antilles françaises. Le CERMES (Centre for Resource Management and Environmental Studies) de l’Université de West Indies a réalisé un bilan de ces voies (cf. Quelques documents de référence).

Quelques documents de référence