ADEME Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie

L'ADEME en Martinique

Transports

Contexte régional

Les transports, qu’il s’agisse de personnes ou de marchandises, représentent à eux seuls 63 % de la consommation nationale en produits pétroliers. Ce secteur est le premier émetteur de gaz à effet de serre - soit 26% des émissions, en augmentation de 23% depuis 1990. C'est le transport routier (particuliers et marchandises à part quasi-égale) qui domine de manière écrasante le bilan énergétique. Il représente 80% de la consommation d'énergie, tous modes de transport confondus, avec une dominante quasi-totale de produits pétroliers (> 98% ).

Les déplacements des personnes se scindent en quatre catégories : domicile-travail (41%), professionnels (22%), domicile-achats (20%) et domicile-loisirs (17%).
En ville, la moitié des déplacements inférieurs à 3 km s’effectuent en voiture alors qu’une personne transportée en voiture émet 2 à 3 fois plus de CO2 qu’en bus, 10 fois plus qu’en train et 20 fois plus qu’en tramway. Il convient donc de proposer des offres de transport alternatives à la voiture qui répondent à la demande de mobilité des usagers. L’ADEME Martinique s’y emploie en accompagnant les politiques territoriales et les initiatives locales qui œuvrent dans ce sens.

Sous l'impulsion d'une croissance démographique et économique soutenue, le nombre des déplacements se sont considérablement accrus durant ces dernières années en Martinique. Ainsi la population a augmenté de 6 % entre 1990 et 1999 (respectivement 359 600 et 381 500 habitants, soit 313 habitants/km2 – source : INSEE) pour conduire à 320 000 déplacements interurbains en moyenne journalière pour 1999 (source : étude multimodale de déplacements ; SETEC ; avril 2002).
Ces déplacements se caractérisent principalement par :

  • Une polarisation des déplacements de type "pendulaire" entre Fort de France et le Lamentin (environ 50 000 déplacements par jour en moyenne), entre Fort de France et Schoelcher (environ 50 000 déplacements par jour) et entre Fort de France et St Joseph (plus de 20 000 déplacements par jour) - (source : enquête ménages déplacements ; CETE Nord Picardie, Certu, INSEE ; juin 2001) ;
  • L'utilisation prépondérante des voitures particulières pour effectuer ces déplacements (66% en moyenne), quel que soit le motif, au détriment des transports collectifs (14%), lesquels sont essentiellement utilisés par les écoliers, les lycéens et les étudiants. Le solde correspond aux autres modes de transport, soit la marche à pied (17%), soit les deux-roues (2%) - (source : enquête ménages – déplacements ; CETE, CERTU, INSEE ; juin 2001) ;
    Répartition des déplacements par mode de transport. Version accessible ci-après.
    Version accessible (DOC - 33.3Ko)

     
  • Un taux d'occupation des voitures particulières faible (1,4 passagers par voiture), bien que similaire à celui de la Métropole ;
  • L'utilisation pour l'écoulement intercommunal de ces flux de routes uniques, au profil parfois sinueux en raison de la topographie de l'île, et dont le nombre de voies varie entre 2 et 4 selon les endroits.

En conséquence, les flux routiers sont considérables, en particulier à l'entrée des zones urbaines aux heures de pointe. A titre d'exemple, les comptages pratiqués par la Direction Départementale de l'Equipement font apparaître une moyenne de plus de 100 000 véhicules par jour sur l'autoroute, à hauteur de l'échangeur de Dillon (trafic similaire à celui du tunnel de Fourvière à l'entrée de Lyon), ou plus de 40 000 sur la RN1, à hauteur du carrefour Mahault.

Naturellement ces flux conduisent à des encombrements importants, générateurs de surconsommations de carburants et d'émissions polluantes particulièrement fortes à basse vitesse (les émissions sont minimales dans une plage de 50 km/h à 70 km/h – une vitesse moyenne maximale inférieure à 10 km/h est souvent observée sur certains tronçons aux heures de pointe).

Le secteur des transports en Martinique représente un enjeu essentiel en matière de maîtrise des consommations d'énergie et des émissions de gaz à effet de serre.
En 2005, les transports contribuaient en effet pour près de 71% (dont 47% liés aux transports routiers) à la dépense énergétique régionale et représentaient 53% des émissions de gaz à effet de serre (CO2) (dont 35% liés aux transports routiers).

En 2008, l’énergie finale était consommée à 43% par le transport routier.

Entre 2005 et 2008, la consommation liée au transport routier a été quasiment stable (+1.25%) mais la structure des consommations s’est modifiée. Ainsi, on a assisté à une diésélisation croissante du parc de véhicules particuliers, ce qui s’est traduit par une augmentation des consommations de gazole et une diminution des consommations d’essence.